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Les marchés ont eu tort…. et raison, mais pas quand on l’a cru

Les marchés ont eu tort…. et raison, mais pas quand on l’a cru

Lundi dernier, les bourses on chuté après l’annonce de la dégradation de la note des États-Unis par l’agence de notation Standard & Poor’s. Mercredi, elles ont chuté suite à une rumeur de faillite d’une grande banque, lancée par un tabloïde (journal à sensation) britannique.

Selon la plupart des médias, l’une de ces réactions était plus ou moins justifiée, mais l’autre prouve à quel point les marchés peuvent se montrer irrationnels. Je suis tout à fait d’accord, sauf que je pense que c’est en suivant l’agence de notation que les marchés ont eu tort, les agences de notation étant nettement moins crédible que les tabloïdes.

Les agences de notation donnent des notes aux entreprises et aux produits financiers, pour indiquer s’ils constituent de bons placements. Le bilan est impressionnant. Elles se sont systématiquement planté et n’ont pas venir, entre autres :
– la plus grande faillite de l’histoire des États-Unis : En 2001, quatre jours avant la faillite d’Enron sur fond de triche et de tripatouillage de compte, les quatre grandes agences lui notation leur donnait la note maximale.
– la plus grande crise financière depuis 1929 : en 2007, la crise été déclenchée le krach des titres immobiliers dits « subprimes ». Ces titres reposaient sur des prêts immobiliers. Or, les agences leur ont mis la note triple A sans avoir vérifié les dossiers de prêt. Il y aurait eu à faire, pourtant. Après la crise, on a découvert que les prêteurs, sachant qu’ils revendraient les prêts sur le marché, vérifiaient insuffisamment si les emprunteurs pourraient rembourser. Pire : ils ont parfois incité des emprunteurs à mentir. On a vu ainsi des ouvriers déclarer un salaire de cadre supérieur et obtenir un prêt sans problème.
Plus récemment, la dégradation de la note des États-Unis lundi s’est accompagnée d’une erreur de… 2 000 milliards de dollars, selon le Trésor américain. S&P a reconnu son erreur, mais maintient la note. C’est officiel : chez S&P une différence de 2 000 milliards dans la dette d’un pays ne change pas sa note. Les agences de notation ? « des clowns », selon Paul Kruger, prix Nobel d’économie.
Les errements des agences de notation figurent d’ailleurs dans le discours de Toulon du petit Nicolas* en septembre 2008 : « Il va falloir contrôler les agences de notation dont j’insiste sur le fait qu’elles ont été défaillantes ».
Un journaliste du New York Times, Nate Silver s’est amusé à mettre en regard les estimations de Standard & Poor’s il y a cinq ans et le risque de défaut des États aujourd’hui (mesuré par le prix des CDS, les credit default swaps, sortes d’assurances contre le risque de crédit). Conclusion : « Les estimations de S&P il y a cinq ans ne vous auraient quasiment rien dit sur un risque de défaut aujourd’hui. »

C’est donc un fait bien établi : aucune mauvaise nouvelle n’a jamais été prédite à l’avance par les agences de notation.

J’affirmerai même avec certitude qu’il arrive plus souvent à la presse à sensation de publier des informations exactes qu’aux agences de notations de faire une prédiction exacte. Mieux : alors que les agences de notation ne vérifient guère les renseignements qui leur sont donnés (après tout ce sont les entreprises ou collectivités notées qui paie cette évaluation en théorie indépendante) les tabloïdes anglais pêchent plutôt par l’excès contraire : le News of the World a du fermer après avoir mis sur écoute téléphonique des dizaines de personnalités pour se constituer des sources fiables.

CQFD : les tabloïdes anglais sont plus fiables que les agences de notation, et les marchés avaient davantage de raison de paniquer mercredi que lundi.
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*Il s’agit évidemment de Nicolas S, celui qui n’est pas drôle.