La presse française championne du couper-coller

Non, la presse française n’a pas raté le passage aux nouvelles technologies. Elle a même son domaine d’excellence : le couper-coller, en collaboration avec l’AFP.
Démonstration :
Je suis tombé hier soir, sur le site d’un organe de presse écrite, sur un article expliquant que : « la célébration lundi du mariage civil d’un couple de confession musulmane a été suspendue par le parquet saisi par la Ville de Nice, sur fond de soupçons de radicalisation » et que « La Ville de Nice s’est opposée à la célébration d’un mariage, qui justifie la saisine du procureur de la République en vue de l’article 165-2 du Code civil ». Comme l’article n’expliquait pas comment des « soupçons » de radicalisation peuvent justifier le refus de marier un couple, j’ai recherché d’autres articles pouvant donner plus d’explication. Or, tous les sites presse-écrite/radio/télé rapportaient l’information en des termes étrangement similaires (Nice-Matin, le Figaro, le Parisien, 20minutes, France3 côte d’Azur, itélé, BfMTV, ….)
Il y avait bien mention d’une condamnation de l’homme pour une agression contre un boulanger  qui vendait du porc, mais le lien avec l’interdiction d’un mariage n’était pas évident.
Saisi d’une inspiration soudaine, j’ai tapé « article 165-2 » et « code civil » dans Google, qui m’a dirigé vers le site officiel Légifrance qui met à la disposition de tous les lois françaises. Pour m’apercevoir qu’il n’existe pas d’article 165-2 dans le Code civil français. Le mystère restait entier.
C’est un article du Monde de ce matin qui m’a apporté la solution : il s’agit en fait de l’article 175-2 et non « 165-2 ».
Le fin mot de l’histoire se trouve dans deux mots très discrets, accompagnant certains (très peu) de ces articles si semblables : « avec AFP ». Damned*, le couper-coller sans vérification a encore frappé ! Il parait que chez les journalistes professionnels, on appelle ça la technique de feu Martin Bouygues. C’est très pratique, ça permet d’être les premiers (enfin, parmi les premiers, avec l’ensemble des abonnés à l’AFP). Avec quelques différences, néanmoins : coupures dans le texte de l’article pour s’adapter à la mise en page, titres intermédiaires, phrases mises en gras, ou adaptation au lectorat (dans le titre du Figaro où le mariage civil d’un couple musulman est devenu « un mariage musulman »).
Il faut vraiment être un dinosaure comme le Monde, pour perdre son temps à lire le texte de l’AFP, essayer de comprendre, s’apercevoir que ce serait plus clair avec un lien vers l’article du Code civil, et du coup s’apercevoir de l’erreur et la corriger.

Gérard-Victor Rifiez, pour l’UnFaux

* devant certaines dérives stylistiques de notre collaborateur, il a été décidé de lui confisquer sa collection d’albums de Blake et Mortimer. NDLR

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Nicolas $arkozy peine à trouver un nouveau nom pour l’Uhempé

Un nom de parti inspiré des Arrummayas ?
Nicolas $arkozy aurait été contré de repousser l’annonce du nouveau nom de son parti, selon des sources proches du président de l’Uhempé. En effet, malgré des recherches approfondies, les experts en communication du parti ne sont pas arrivés à trouver un nom de parti dont le sigle ne rappelle pas une affaire politico-financière.
Les dernières pistes explorées impliqueraient l’utilisation de l’alphabet récemment déchiffré des Arummayas. Ce peuple ayant précédé les Incas a vécu dans une antiquité si reculée que leur langue ne contient pas de mot pour dire « abus de bien sociaux » ou « commission des comptes de campagne » et que,dans leur bienheureuse ignorance, ils n’ont jamais entendu parler de la Libye ni du Fouquet’s.
Comme l’a montré brillamment le grand linguiste allemand Carlos Zedong, les Arummaya sont les véritables inventeurs de l’alphabet, ce qui explique que la plupart des lettres de leur alphabet sont aussi des idéogrammes, c’est-à-dire des symboles auxquels sont associées des idées. Les lettres qui composeraient le nom du nouveau parti ont donc été choisies en fonction du sens symbolique qui leur est traditionnellement attaché. Les lettres proposées par les experts représentent donc (nous indiquons entre parenthèses le nom des lettres dans l’alphabet Arramuya, leur représentation graphique étant trop complexe pour être reproduite) : la droiture (lénab), la force (othai) et la sagesse (niheu). Nul doute que le parti sera à la hauteur de sa nouvelle dénomination.