Le syndicat des journalistes sportifs soutient Canal+

Le principal syndicat de journalistes français en France prend position dans  l’affaire du boycott de Canal+

Petit rappel des faits : le PSG et l’OM ont décidé, vendredi, de boycotter Canal+ pour avoir montré des images de joueurs qui insultaient les arbitres et qui ont été ensuite suspendus pour ces insultes.
Par conséquent, lors des conférences de presse, les joueurs et les dirigeants de l’OM et du PSG refusent de répondre lorsqu’un journaliste s’est identifié comme travaillant pour Canal+. Une situation inadmissible pour les autres journalistes présents, et qui a entraîné une réunion d’urgence du principal syndicat de journalistes sportifs français. Son président, Bernard Douain nous a accordé une interview exclusive :
Q : Bonjour, Bernard Douain, vous êtes Président de l’AJSF, l’Association des journalistes sportifs français, qui vient de se réunir en comité extraordinaire. Quelle est la position de l’AJSF sur le boycott de Canal+ ?
R : nous ne pouvons pas accepter que des clubs empêchent nos collègues d’exercer leur profession, alors qu’ils n’ont fait que leur métier. Nous avons donc rédigé une lettre ouverte, qui sera publiée dans l’ensemble de la presse sportive de demain, pour demander aux clubs concernés de revenir sur leur décision.
Q : Vous pensez que cela suffira ?
R : C’est une première étape. Nous avons également décidé de demander à nos membres de boycotter les conférences de presse qui refuseront des questions de canal+.
Q : quelle forme prendra ce boycott ?
R : Dès qu’un joueur ou dirigeant refusera de répondre à une question parce qu’elle a été posée par un confrère de Canal+, tous nos journalistes se lèveront et quitteront la salle.
Q : N’est-ce pas une réaction excessive, après tout ce n’est que du sport ?
R : Non, je ne vois pas pourquoi l’éthique serait réservée aux journalistes soi-disant « sérieux ». Les journalistes de Canal+ ont montré des images que les clubs auraient préféré cacher. Les journalistes de Canal, ce sont nos lanceurs d’alerte, et ce sont des journalistes SPORTIFS.
Q : Vous semblez fiers de vos collègues.
R : Oui, en étant victimes de la censure, ils prouvent que les journalistes sportifs sont des journalistes à part entière. Tout le monde n’en est pas persuadé. Quand on dit qu’on est journaliste, ça suscite tout de suite la curiosité, mais dès qu’on ajoute le mot « sportif », on a droit aux ricanements et aux sourires en coin.[il commence à s’échauffer] Vous savez que des petits malins nous ont surnommés l’AJSSSF : association des journalistes sportifs (si, si) de France. [le ton monte] Nous allons montrer à nos collègues de Reporters sans frontières qu’ils n’ont pas le monopole de l’éthique. [il hurle presque] Nous nous battrons pour sauver nos collègues condamnés à ne plus parler qu’aux joueurs de Lorient ou de Toulouse, voire du FC Metz ! [se calmant] : enfin, euh, oui, quel était la question ?
Q : vous avez parfaitement répondu ; je crois que je vais vous laisser à vos occupations, vous semblez très occupé.
R : oui, je ne devrais pas vous le dire, mais nous avons été contactés par des journalistes de France 3. Vous savez que la SNCF porte plainte, après que des coureurs ont passé un passage à niveau fermé pendant le Paris-Roubaix. Apparemment, des coureurs de Paris-Roubaix ont décidé lancer un boycott de France télévision pour avoir montré les images. Et le cyclisme, c’est très important pour certains journalistes de France tv. Les années où il n’y a pas de morts au Dakar, le cyclisme, c’est 80 % du temps d’antenne de Gérard Holtz…
Nous nous retirons discrètement pendant que Bernard Douain continue à parler : « on est avec toi Gérard, tu es le Edward Snowden du service public, le Bradley Manning de la bicyclette… »
Propos recueillis par Yves Havitt, pour l’UnFaux.


Nicolas Sarkozy règle volontairement une amende de 18 millions d’euros

Nicolas Sarkozy contre-attaque dans l’affaire des pénalités liées à ses comptes de campagne 2012. Rappelons les faits : l’État français rembourse une  partie des frais de campagne électorale présidentielle aux candidats ayant eu un minimum de voix. En contrepartie, les candidats ne doivent pas dépasser un montant maximum de dépenses. En cas de dépassement, non seulement la campagne n’est pas remboursée, mais le candidat doit régler une pénalité égale au montant du dépassement, soit, selon la Commission des comptes de campagnes, un peu plus de 300  000 pour la campagne présidentielle 2012. de Nicolas Sarkozy.  Et comme c’est le candidat qui signe les comptes de campagne, sous la mention « vu et certifié exact », la justice considère aujourd’hui que c’était à Nicolas Sarkozy, et non à son parti de régler ces sommes. L’ancien président plaide la bonne foi:

« c’est très compliqué, explique-t-il, je  croyais qu’en tant que candidat de l’UMP,  le parti pouvait payer à ma place… même si je m’étais engagé personnellement sur l’exactitude des comptes en signant ».

Et il va même plus loin, au sujet de l’affaire Bygmalion:

« je suis ulcéré d’apprendre que des responsables de ma campagne ont triché pour cacher des dépassements, des dépassements dus à leur incompétence, et dont je n’étais évidemment pas au courant. Vous m’imaginez, moi, président de la république, tricher dans le but d’être réélu ? Et puisque le montant réel du dépassement est finalement de 18 millions d’euros, j’ai décidé, sans attendre que la Commission des comptes de campagne me le demande, de régler l’amende correspondante et j’ai envoyé, ce matin, un chèque de 18 millions au ministère des Finances. »

Nous n’avons pas pu poursuivre cet entretien, l’ex/futur chef de l’État devant assister une réunion urgente de donateurs au Fouquet’s avant de prendre l’avion pour une tournée de conférences au Qatar.

Gaétan-Olivier Zé, pour l’UnFaux


La presse française championne du couper-coller

Non, la presse française n’a pas raté le passage aux nouvelles technologies. Elle a même son domaine d’excellence : le couper-coller, en collaboration avec l’AFP.
Démonstration :
Je suis tombé hier soir, sur le site d’un organe de presse écrite, sur un article expliquant que : « la célébration lundi du mariage civil d’un couple de confession musulmane a été suspendue par le parquet saisi par la Ville de Nice, sur fond de soupçons de radicalisation » et que « La Ville de Nice s’est opposée à la célébration d’un mariage, qui justifie la saisine du procureur de la République en vue de l’article 165-2 du Code civil ». Comme l’article n’expliquait pas comment des « soupçons » de radicalisation peuvent justifier le refus de marier un couple, j’ai recherché d’autres articles pouvant donner plus d’explication. Or, tous les sites presse-écrite/radio/télé rapportaient l’information en des termes étrangement similaires (Nice-Matin, le Figaro, le Parisien, 20minutes, France3 côte d’Azur, itélé, BfMTV, ….)
Il y avait bien mention d’une condamnation de l’homme pour une agression contre un boulanger  qui vendait du porc, mais le lien avec l’interdiction d’un mariage n’était pas évident.
Saisi d’une inspiration soudaine, j’ai tapé « article 165-2 » et « code civil » dans Google, qui m’a dirigé vers le site officiel Légifrance qui met à la disposition de tous les lois françaises. Pour m’apercevoir qu’il n’existe pas d’article 165-2 dans le Code civil français. Le mystère restait entier.
C’est un article du Monde de ce matin qui m’a apporté la solution : il s’agit en fait de l’article 175-2 et non « 165-2 ».
Le fin mot de l’histoire se trouve dans deux mots très discrets, accompagnant certains (très peu) de ces articles si semblables : « avec AFP ». Damned*, le couper-coller sans vérification a encore frappé ! Il parait que chez les journalistes professionnels, on appelle ça la technique de feu Martin Bouygues. C’est très pratique, ça permet d’être les premiers (enfin, parmi les premiers, avec l’ensemble des abonnés à l’AFP). Avec quelques différences, néanmoins : coupures dans le texte de l’article pour s’adapter à la mise en page, titres intermédiaires, phrases mises en gras, ou adaptation au lectorat (dans le titre du Figaro où le mariage civil d’un couple musulman est devenu « un mariage musulman »).
Il faut vraiment être un dinosaure comme le Monde, pour perdre son temps à lire le texte de l’AFP, essayer de comprendre, s’apercevoir que ce serait plus clair avec un lien vers l’article du Code civil, et du coup s’apercevoir de l’erreur et la corriger.

Gérard-Victor Rifiez, pour l’UnFaux

* devant certaines dérives stylistiques de notre collaborateur, il a été décidé de lui confisquer sa collection d’albums de Blake et Mortimer. NDLR


Nicolas $arkozy peine à trouver un nouveau nom pour l’Uhempé

Un nom de parti inspiré des Arrummayas ?
Nicolas $arkozy aurait été contré de repousser l’annonce du nouveau nom de son parti, selon des sources proches du président de l’Uhempé. En effet, malgré des recherches approfondies, les experts en communication du parti ne sont pas arrivés à trouver un nom de parti dont le sigle ne rappelle pas une affaire politico-financière.
Les dernières pistes explorées impliqueraient l’utilisation de l’alphabet récemment déchiffré des Arummayas. Ce peuple ayant précédé les Incas a vécu dans une antiquité si reculée que leur langue ne contient pas de mot pour dire « abus de bien sociaux » ou « commission des comptes de campagne » et que,dans leur bienheureuse ignorance, ils n’ont jamais entendu parler de la Libye ni du Fouquet’s.
Comme l’a montré brillamment le grand linguiste allemand Carlos Zedong, les Arummaya sont les véritables inventeurs de l’alphabet, ce qui explique que la plupart des lettres de leur alphabet sont aussi des idéogrammes, c’est-à-dire des symboles auxquels sont associées des idées. Les lettres qui composeraient le nom du nouveau parti ont donc été choisies en fonction du sens symbolique qui leur est traditionnellement attaché. Les lettres proposées par les experts représentent donc (nous indiquons entre parenthèses le nom des lettres dans l’alphabet Arramuya, leur représentation graphique étant trop complexe pour être reproduite) : la droiture (lénab), la force (othai) et la sagesse (niheu). Nul doute que le parti sera à la hauteur de sa nouvelle dénomination.


Le conseiller en communication de François Hollande en pourparlers avec les héritiers de la mère Denis.

Le conseiller en communication de François Hollande en pourparlers avec les héritiers de la mère Denis.
Selon une source autorisée, après avoir répétés « c’est pas facile » 7 fois au cours de sa conférence de presse,  François Hollande aurait demandé à son  conseiller en communication d’ouvrir des pourparlers avec les héritiers de la mère Denis pour utiliser son célèbre : « ah, c’est ben vrai, ça ! ». En cas d’échec de ces négociations, le Président pourrait se rabattre sur l’expression « m’en parlez pas ma pov’ dame ».*

Gaétan-Olivier Zé,pour l’Unfaux
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*Nous n’en saurons pas plus, notre source s’étant écroulée sur le comptoir (on ne soulignera jamais assez l’importance du dosage lors de l’utilisation du curaçao comme technique d’investigation).


Environnement : un stagiaire renvoyé de France 2 renvoyé pour faute grave.

France 2 vient de renvoyer un stagiaire du service de l’information pour faute grave. Certain que ce serait l’un des sujets du journal, il avait commencé à rassembler de la documentation sur les marches pour le climat, en particulier celle de New York qui a ressemblé un nombre sans précédent de 300 000 manifestants.
« Une perte de temps impardonnable, » explique un représentant de la chaîne : « il aurait du savoir qu’un sujet qui ne parle pas de Nicolas Sarkozy, des difficultés de François Hollande ou de la récolte des fruits et légumes n’avait aucune chance de passer à l’antenne. À part ça, nous traitons évidemment de l’actualité internationale, tant qu’il s’agit de la menace islamiste ou de l’ebola, des trucs qui font peur, quoi. » Le même stagiaire avait eu un avertissement la semaine dernière pour une autre initiative malheueuse : après avoir entendu que le Medef affirmait que la suppression de deux jours fériés permettrait un point de croissance supplémentaire, il  avait eu l’idée  saugrenue de compiler pour la rédaction une liste d’économistes pour leur demander  leur avis. Grossière erreur : « il fallait compiler les prévisions météo, pour savoir dans quelle ville effectuer un micro-trottoir, qui est la seule façon valable de traiter un sujet en profondeur » explique le même responsable.

Albin de Mairre, pour l’UnFaux


Grâce à Jean-FranCopé, un huissier rit pour la première fois de sa vie professionnelle

Jean-François Copé a annoncé lundi la publication de l’intégralité de la comptabilité de l’UMP… sous réserve que les autres partis en fassent autant. En attendant, lesdits comptes seront placés « dans une pièce qui sera scellée par un huissier ».

Nous avons contacté Maître Saint-Quentuite, qui confirme être l’huissier chargé de poser ces scellés. Il témoigne :  « Quand M. Copé m’a contacté, j’ai cru que c’était une blague, vous savez, comme ces humoristes qui téléphonent à des personnalités politiques… Et quand j’ai compris qu’il était sérieux, j’ai été pris d’étranges spasmes et me suis mis à pousser des petits cris incontrôlables. C’était très agréable, mais un peu bizarre, car je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. C’est mon clerc qui m’a expliqué : je riais. Vous comprenez, dans ma profession, on a perdu l’habitude de rire. Certains considèrent d’ailleurs un simple sourire comme une faute professionnelle pour un huissier, parce que cela remet en cause sa crédibilité . Alors je tiens à remercier publiquement M. Copé de m’avoir donné l’occasion de rire pour la première fois dans ma vie professionnelle. Mieux : avant M. Copé, il n’existait pas d’humour professionnel chez les huissiers : les profs, avaient les perles des élèves et les mots des parents, les dépanneurs en tout genre les déboires de leurs clients… Nous, avec nos histoires de saisies et d’expulsions, on ne faisait pas rire. On avait la réputation de casser l’ambiance, et nos amis inventaient des excuses bizarre pour ne pas nous inviter. Avec LA TRANSPARENCE SOUS SCELLÉS, M. Copé, en faisant rire la France entière, donne naissance à l’humour d’huissier. Rendez-vous compte, c’est plus drôle que n’importe quel mot de parents d’élèves. Merci M.Copé, d’avoir sorti toute une profession de la sinistrose et de l’ostracisme social ! »
Un témoignage bouleversant qui prouve que la politique peut encore changer la vie.

Anne-Paule Isabelle Tique, pour l’UnFaux