La présidence française au secours de l’agence de protection de l’environnement américaine

Imaginez un organisme gouvernemental chargé de protéger l’environnement qui déverse accidentellement dans une rivière plus de 11 millions de litres d’eau polluée, contenant entre autres du plomb et de l’arsenic et qui, pour couronner le tout, donne à la rivière une couleur orange profond visible à des kilomètres. C’est ce qui vient d’arriver au Colorado à l’EPA, l’agence américaine de protection de l’environnement.
La catastrophe écologique se double d’une crise de crédibilité pour l’EPA. Edgar Ringballow, chef du service communication de l’EPA, a cependant une idée originale pour regagner la confiance du public : « emprunter » un communicant à François Hollande.
« On a fait un « brainstorming », explique Ringballow, et quelqu’un a commencé à raconter cette histoire de Président arrivant à survivre politiquement après avoir fait le contraire de ses promesses électorales. Et de conclure « C’est le conseiller en communication de ce type qu’il nous faudrait ».
Après coup, j’ai vérifié, et j’ai été impressionné : comment les socialistes français ont-ils pu faire avaler le contraste entre le discours du Bourget (« mon ennemi c’est la finance ») et la loi sur la séparation des banques qui ne touchait qu’un pour cent de leurs activités ou les millions de baisses de charges pour les entreprises ? Mais ce qui m’a finalement convaincu ce sont les promesses continues d’inversion de la courbe du chômage suivie d’une hausse ininterrompue du nombre de chômeurs, sans jamais aucune remise en cause de la politique. Faire passer ça, c’est du grand art ».
Edgar Ringallow est donc entré en pourparlers avec la présidence française pour lui demander le détachement momentané d’un responsable de son service communication. Détachement qui devrait être facilité par l’intervention personnelle du président Obama, les présidents français ayant la réputation d’être prêts à tout pour être vus en compagnie de l’homme le plus puissant du monde. « Avec le précédent, ça n’aurait pas été possible, explique Ringallow, Obama ne voulait plus en entendre parler depuis qu’il racontait partout qu’il avait sauvé à lui tout seul l’économie mondiale pendant la crise financière. Hollande quant à lui a plutôt une image de petit gros sympa à qui on a envie de rendre service… »  Ringallow est donc persuadé que tout est réuni pour lui permettre de sauver l’image de son agence.

          Gaétan-Olivier Zé

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